Sans-papiers

S'organiser contre l'expulsion – Que faire en cas d'arrestation ?

tracts, textes

45 jours pour te punir de ne pas avoir les bons papiers

Le lundi 18 juillet 2011 de nouvelles dispositions de la loi sur l’immigration, dite « loi Besson », entreront en vigueur. Les personnes sans-papiers resteront désormais 45 jours en rétention au lieu de 32 auparavant.

45 jours enfermé(e)s, mis à disposition de l’administration pour qu’elle organise l’expulsion. Cela veut dire 45 jours dans l’angoisse de voir son nom affiché sur la liste des vols, dans l’angoisse d’entendre son nom résonner dans les hauts-parleurs, dans l’angoisse de voir les flics débarquer dans sa chambre.

45 jours où lorsque toutes les portes de sortie du labyrinthe juridique se sont refermées les
unes après les autres, trop de gens n’entrevoient plus que l’auto-mutilation et la tentative
de suicide pour échapper à l’expulsion.

Et si on a « la chance » de ne pas être expulsé(e), ce sont quand même 45 jours pendant lesquels on ne peut plus voir sa famille et ses ami(e)s comme on veut. 45 jours à ne plus pouvoir aller dans les  endroits qu’on aime. 45 jours pendant lesquels on perdra peut-être son travail, son logement, ses affaires. 45 jours de volés par des fonctionnaires en uniforme ou en civil.

Dans le quotidien de ces prisons ce sont 45 jours où il faut mendier pour tout : avoir un stylo, avoir un médicament autre qu’un tranquillisant, avoir du feu pour allumer une clope, manger autre chose que la nourriture dégueulasse et parfois périmée du centre.

Mais peut-être aussi 45 jours où la solidarité et les révoltes collectives enrayeront la machine
à expulser.

45 jours pour foutre le feu…

De toutes façons un jour de liberté volée, ce sera toujours un jour de trop, c’est ce que nous sommes allé(e)s rappeler ce jeudi 14 juillet sous les murs du centre de rétention de Vincennes en criant « liberté » en écho avec les retenus.

Ni rétention ni expulsion, liberté de circulation et d’installation !
Des papiers pour toutes et tous ou plus de papiers du tout !

fermeturetention@yahoo.fr

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La police rafle, l’ANAEM déporte, l’État fait du chiffre

 

Des soutiens aux habitants roumains et bulgares des bidonvilles de la région parisienne occupent ce jour, vendredi 26 octobre 2007, les bureaux de l’ANAEM – Paris Nord [52/55 rue Hoche – Bagnolet – Métro Gallieni].

Par leur présence dans ces lieux ils souhaitent dénoncer publiquement le rôle que joue aujourd’hui l’Agence Nationale d’Accueil des Étrangers et des Migrations (ANAEM) dans de nouveaux processus d’expulsions des populations roumaines et bulgares. Depuis plusieurs années les Rroms de Roumanie et de Bulgarie sont devenus de la chair à expulsion pour l’État français et permettent ainsi au gouvernement d’atteindre ses objectifs chiffrés de 25.000 expulsions par an : Ces populations ont représenté 25% des expulsés de l’année 2006. Depuis septembre 2007 de nouvelles pratiques d’expulsions massives de ces populations se mettent en place, l’ANAEM servant de caution humanitaire à l’État français pour les justifier. En effet à plusieurs reprises les habitants de bidonvilles de Saint-Étienne (deux en septembre et une en octobre), Bondy (26 septembre), Saint-Denis (10 octobre), Pierrelaye (17 octobre), Bagnolet (24 octobre) ont été évacués par la police de leurs terrains, y abandonnant tous leurs effets personnels, systématiquement détruits. Ils ont ensuite été sommés de monter dans des cars spécialement affrétés pour l’occasion, des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) ne faisant aucun cas de leur situation individuelle leur étant alors distribuées sans leur laisser la possibilité d’exercer leur droit à un recours juridique suspensif. Puis, sous la pression policière, ils ont été « invités » à monter immédiatement dans les cars à destination de leur pays d’origine dans le cadre des procédures de retour humanitaire de l’ANAEM. La manière dont l’État met en place ce « Retour volontaire » (absence de traducteurs, « Invitation » à accepter immédiatement le retour volontaire sous la pression policière…) n’est qu’un simulacre. Il s’agit bien ici d’expulsions collectives et massives (par centaine à chaque fois) organisées par l’État sous couvert de retour volontaire et humanitaire.

Nous exigeons : – L’abandon immédiat de ces pratiques de « retours volontaires » forcés orchestrées par l’État et l’ANAEM ! – L’arrêt des rafles et des expulsions ! – La régularisation de tous les sans-papiers ! – La liberté de circulation et d’installation de tous !

Coordination 93 des comités de soutien aux rroms, bulgares et roumains des bidonvilles

Du scandale d’Arenc à la légalisation des centres de rétention
En 1975, à Marseille, est distribué un tract qui révèle que : « Depuis 1964 existe au cœur des quartiers nord une prison clandestine, contrôlée entièrement par la police, où sont séquestrés des travailleurs immigrés ».

Cette prison clandestine se trouve sur le quai de la gare maritime d’Arenc, dans un hangar. Une manifestation est organisée le 14 juin 1975 en direction d’Arenc pour exiger la fermeture immédiate de cette prison illégale. L’illégalité vient du fait que les étrangers y sont enfermés sans qu’aucune autorité judiciaire n’ait connaissance de l’existence, de la durée, ni des causes de cette incarcération. Les étrangers y sont donc enfermés sur simple décision administrative, en l’occurrence sur décision des autorités de police. Le préfet et le ministre, qui avaient commencé par nié les faits, déclarent qu’il s’agit en fait d’un « centre d’hébergement » pour étrangers sans titre de séjour. L’habillage de ce lieu en « centre d’hébergement » étant peu convaincant, le gouvernement de droite de l’époque va alors tenter de légiférer pour régulariser cette situation. En effet dans l’ordonnance qui régit le séjour des étrangers en France depuis 1945, rien n’autorise la détention administrative d’un étranger pour défaut de papier. La dernière loi qui le permettait date de 1938, et c’est la loi qui a instauré l’enfermement des étrangers sans-papiers dans des camps d’internement, loi qui s’est ensuite étendue, pendant la guerre, à la détention administrative de tous les autres indésirables français et étrangers avec papiers, notamment en vue de leur déportation en Allemagne. Après plusieurs tentatives de légifération, la loi Peyrefite de février 1981, dite « Sécurité et Liberté », légalise la « rétention » administrative des sans-papiers, en vue de leur expulsion. Une fois arrivés au pouvoir en mai 1981, Mitterand et le parti socialiste, loin de remettre en question la loi Peyrefite, avalisent la rétention administrative et ouvrent au cours de leur gouvernance 12 nouveaux centres de rétention, et de nombreux locaux de rétention dans les commissariats, gendarmeries, hôtels de police, etc. Les socialistes, dès 1975, faisaient parti de ceux qui dénonçaient la prison d’Arenc, et demandaient sa fermeture. La trahison fut de taille pour beaucoup même si elle n’est pas surprenante… L’expérience de la lutte contre la prison d’Arenc est cependant très instructive. Elle montre notamment que la vraie question n’est pas l’aspect légal ou pas de l’enferment des sans-papiers, mais bien l’enfermement des sans-papiers en lui-même.

article du Collectif Anti-Expulsion (CAE), le 7 mai 2004

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